au pied du mur
adv.
sans aucune échappatoire possible, dans l'obligation d'agir
Comme disait Lao-Tseu (à moins que ce ne soit Confucius), c'est au pied du mur qu'on voit le mieux le mur.
Et une fois là, lorsque la meute de pitbulls qui vous poursuit vous a contraint à vous engouffrer dans ce cul-de-sac où vous venez de buter sur cette paroi infranchissable, vous n'avez plus qu'un seul choix possible : tenter de faire front[1].
La métaphore est donc simple à comprendre : si on vous a mis au pied du mur, vous n'avez plus de moyen de vous échapper, mais une fois que vous êtes au pied du mur, vous êtes obligé d'agir, sans plus pouvoir reculer.
La locution "être au pied du mur" avec son sens imagé date de 1590.
Selon le TLFI, mettre au pied du mur (qui se disait aussi "réduire au pied du mur") vient des combats d'escrime où on "poussait (quelqu'un) à l'épée jusqu'à ce qu'il soit adossé au mur et ne puisse plus rompre".
« Au pied du mur, Benjamin se cabre. Il explique qu'il n'aime plus d'amour la dame de Coppet, mais qu'il lui doit de l'amitié, des ménagements, de la reconnaissance. »
Émile Henriot - Portraits de femmes
« Ce parti est si désastreux pour nous qu'il n'ose pas nous en faire part lui-même. Nous allons mettre M. Teissier au pied du mur, et nous ne lui cacherons pas qu'il commet une mauvaise action. »
Henry Becque - Les corbeaux
Notez que, vous dirigeant vers le pied du mur, au lieu de vous retourner pour faire face aux ennuis qui vont vous tomber dessus, vous avez encore quand même la possibilité d'aller droit dans le mur... et de vous y écraser.
En 1544, il existait aussi l'expression "être au pied du mur sans échelle", mais cette fois, le sens en était "rater quelque chose, échouer dans une opération pour n'avoir pas prévu tout ce qui était nécessaire à sa réussite".
Ce serait cette expression qui, ayant perdu l'échelle, aurait vu son sens évoluer à partir de 1590.
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