entrer comme dans un moulin
v.
1. entrer sans gêne, sans marque de politesse dans un lieu
2. entrer très facilement (dans une habitation, un lieu normalement fermé)
Vous savez ce qu'est un âne. Peut-être même en avez-vous vu un vrai de près. Mais pensez-vous qu'un âne frappe avant d'entrer dans un lieu ? Si vous êtes comme moi, vous vous doutez bien que ce n'est pas le cas, sauf, peut-être, si c'est le compagnon de Shrek ; mais celui-là est un peu spécial et fort peu représentatif de la réalité de notre univers.
Là, vous vous demandez probablement où je veux vous emmener avec mon âne. Dans un moulin, certainement, mais que vient faire un bourricot dans cette histoire ? Rassurez-vous, vous n'aurez pas à donner votre âne au diable en échange de l'explication.
En effet, c'est très simple à comprendre une fois qu'on sait que la version initiale de l'expression, telle qu'elle est apparue au début du XIXe siècle, était « entrer comme un âne dans un moulin ».
Car il ne faut pas oublier que nos têtus équidés, autrefois, avaient de bonnes raisons de s'approcher d'un moulin, et même d'y entrer.
« On dit, en France : "Entrer quelque part comme un âne dans un moulin". Ce n'est, certes, pas ainsi qu'on peut entrer chez un Chinois. Quels préliminaires ! Quelle étiquette pour faire une simple visite à un ami ! »
Musée des familles, Volume 28 - 1861
« En premier, les postes de police du coin, pour vérifier la façon dont on exécutait les consignes des ministres ; dans l'un, on entrait comme dans un moulin, toutes les armes pendues à la porte, les flics alanguis sur une belote (...) »
Roger Quilliot,Claire Quilliot - Mémoires, volume 2 - 2001
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